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— Doctoral researcher at the Digital Humanities Institute, EPFL. Lausanne, Switzerland.

Colloque de Cerisy "CARTE D'IDENTITÉS. L'ESPACE AU SINGULIER" [22-29 Juillet 2017]

Ce post pour vous inviter au colloque de Cerisy en France qui s'intitule "Carte d'identités. L'espace au singulier" sous la direction de Yann CALBÉRAC, Olivier LAZZAROTTI, Jacques LÉVY et Michel LUSSAULT (du 22 au 29 juillet 2017).

Le mardi 25 je participerai en tant qu'intervenante au colloque. A partir de la problématique centrale de ma recherche, j'essayerai d'élucider la question suivante: Quelles spatialités pour les big data?

Sur les sites de rencontres, les passions et les déceptions se multiplient au même rythme que les données numériques. Ces plateformes digitales contiennent d’une part, des codes informatiques programmés par des développeurs, accommodés esthétiquement par des designers et impulsés par des investisseurs. Et de l’autre, des traces de navigation et des données personnelles stockées destinées à faire un matching. L’ensemble des informations est opérationnalisé par des algorithmes performants qui mesurent les goûts, les intérêts et la personnalité des internautes. Il ne s’agit plus de sites de rencontres classiques avec un moteur de recherche basé sur des données sociodémographiques. La production des subjectivités prend ainsi une tournure numérique qu’il est utile d’interroger. En effet, les algorithmes effectuent un travail de quantification des critères subjectifs qui permettent de mettre en relation deux individus pour une éventuelle rencontre. À travers les métriques, ou les mesures quantifiables, les algorithmes visent à offrir des résultats caractérisés et appropriés à chaque utilisateur et utilisatrice qui se rend sur un site de rencontres. Or, ces métriques s’installent dans la société en tant que conventions. Les utilisateurs conscientisent les valeurs de mesure à disposition et ils s’en servent pour mesurer l’attractivité de soi et celle du partenaire potentiel. Ceci met en lumière la manière dont les singularités des internautes constituent le moteur d’une socio-économie structurée et universelle. À quel moment se produit la transition du singulier au collectif sur les plateformes numériques? Comment les sites de rencontres font-ils usage de données si uniques et diversifiées pour définir un monde qui se veut a priori "commun"? Quels sont les enjeux sociaux d’une rencontre, dite personnalisée, opérée par des algorithmes génériques, par des dynamiques de travail standardisées et enfin, par un modèle financier répandu?

En 2015, Jessica Pidoux a achevé un master en Sociologie de la Communication et de la Culture à l’Université de Lausanne. Elle a ensuite travaillé comme Web Project Manager dans une start-up à l’Innovation Park de l’EPFL qui se consacre à la réalisation des plateformes numériques. Elle était en charge d’une équipe de développeurs. La conception, les tests et la mise en production des plateformes numériques constituaient ses principales tâches. Actuellement, elle prépare une thèse de doctorat à l’EPFL grâce à l’obtention d’une bourse Doc.CH du FNS. La recherche s’intitule: "Les métriques de la rencontre en ligne. Une sociologie du matching algorithmique".

Voir le programme complet du colloque: http://www.ccic-cerisy.asso.fr/carteidentites17.html

Inscription au colloque par ici: http://www.ccic-cerisy.asso.fr/FlyerCarteIdentites2017.pdf

Séjour complet : 560 euros

Étudiant de moins de 28 ans : 266 euros

Séjour fractionné : 98 euros par jour

Étudiant de moins de 28 ans: 48 euros par jour

 

Au plaisir de réflechir ensemble avec vous lors du colloque.